Rentabilité d'un distributeur automatique
Comment calculer le résultat d'un emplacement avec vos propres chiffres, pourquoi la tournée fait basculer le calcul, et ce qu'il faut mesurer après l'installation.
La rentabilité n'est pas une caractéristique de la machine. Deux armoires identiques, au même prix, installées à deux cents mètres l'une de l'autre, peuvent donner des résultats sans rapport. Ce qui décide, c'est l'emplacement — et l'emplacement se calcule avant de signer, pas après. Cette page ne promet aucun rendement et n'affiche aucune fourchette : elle donne la méthode de calcul, avec vos chiffres à vous, puis ce qu'il faut mesurer une fois l'armoire posée.
Une précision d'emblée, parce qu'elle entre directement dans le calcul : en Finlande, Moi Store assure toute la chaîne — l'armoire, les produits, le réapprovisionnement, la supervision et la maintenance. Hors de Finlande, dont en France, Moi Store fournit l'armoire et la plateforme Selfly Store ; le réapprovisionnement et le service sur site s'organisent localement, par vous ou par un prestataire de votre choix. Autrement dit, en France la tournée est votre poste de coût, pas le nôtre — et c'est souvent le poste qui décide du résultat.
Ce que nous ne vendons pas
Autour de cette question circulent des offres d'un autre type : droit d'entrée, territoire réservé, revenu annoncé à l'avance. Nous ne faisons pas cela. Moi Store n'est pas une franchise, ne vend pas d'opportunité d'affaires et ne garantit aucun chiffre d'affaires. Nous fournissons une armoire connectée et la plateforme qui la pilote ; l'exploitation, les emplacements et le résultat restent les vôtres. Si vous cherchez un rendement contractuel, cette page va vous décevoir — et c'est voulu : personne ne peut garantir un rendement qui dépend d'un couloir, d'un effectif et d'un assortiment.
Le calcul, en quatre variables
Le résultat d'un emplacement se construit toujours de la même façon, quelle que soit la machine. Quatre variables en amont, une soustraction en aval. Prenez vos propres chiffres pour chacune : c'est le seul calcul qui vaille quelque chose.
Le passage
Combien de personnes passent réellement devant l'armoire un jour ouvré, et à quelles heures. Pas l'effectif du bâtiment, ni le nombre de badges — le passage devant cette porte-là.
Le taux de conversion
La part de ces personnes qui achètent. C'est la variable la plus sensible à l'emplacement exact, à la visibilité et à l'assortiment, et c'est celle qu'on surestime le plus au moment de décider.
Le panier moyen
Ce que vaut un achat. Un emplacement qui vend un repas complet a un panier plusieurs fois supérieur à un emplacement qui ne vend qu'un snack, avec exactement la même armoire.
La marge brute
Ce qui reste du panier une fois le produit payé. C'est elle qui entre dans le calcul, jamais le chiffre d'affaires — un fort chiffre d'affaires sur des produits à faible marge peut très bien ne rien laisser.
Le produit de ces quatre variables donne la marge brute que l'emplacement génère sur une période. De cette marge, retranchez ce que l'emplacement coûte réellement sur la même période : la tournée de réapprovisionnement, l'abonnement à la plateforme, la commission de paiement, l'électricité et le réseau, l'amortissement ou le loyer de la machine, et les invendus. Ce qui reste — positif ou négatif — est le résultat de cet emplacement, et de celui-là seulement.
Le détail poste par poste de ces coûts est traité ailleurs sur ce site, et il n'est pas répété ici pour ne pas le dire deux fois différemment.
Un ordre de grandeur, et ce qu'il ne dit pas
Une page sur la rentabilité qui ne donne aucun chiffre est confortable mais inutile. En voici un, avec sa source et ses limites. Selfly Store, le fabricant des armoires que nous fournissons, publie sur son site les moyennes de son parc : pour 2024, environ 1 300 à 2 800 euros de chiffre d'affaires mensuel par armoire, un panier moyen d'environ 4,82 euros en hausse d'environ 12 pour cent sur un an, et une progression de 28 à 52 pour cent du chiffre d'affaires par armoire entre 2023 et 2024 selon le mois comparé.
Trois précautions, et elles comptent autant que les chiffres. Ce sont des moyennes de parc, tous marchés confondus, et non une prévision pour un emplacement donné — Selfly l'écrit lui-même. L'écart entre 1 300 et 2 800 euros n'est pas du bruit : c'est exactement la distance entre un emplacement qui vend un repas et un emplacement qui vend un snack, c'est-à-dire la variable « panier moyen » du calcul ci-dessus. Et il s'agit de chiffre d'affaires, pas de marge : la soustraction décrite plus haut reste entièrement à faire.
Ce que ce chiffre permet, concrètement : vérifier si votre propre estimation est plausible. Si votre calcul vous donne 6 000 euros par mois sur un emplacement, une hypothèse est fausse quelque part. S'il vous donne 400 euros, l'emplacement ne portera probablement pas ses coûts et il vaut mieux le savoir avant d'installer.
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La tournée : le poste qui fait basculer le calcul
Dans la plupart des cas que nous voyons, ce n'est pas le prix de la machine qui rend un emplacement non rentable : c'est la tournée. Et ce n'est pas le temps passé devant l'armoire qui coûte — c'est le trajet, le stationnement, l'accès au bâtiment et le retour, multipliés par la fréquence.
Cela a une conséquence pratique qui change la façon de choisir les emplacements : une armoire isolée à quarante minutes de route et une armoire sur un trajet que vous faites déjà ne sont pas le même métier, même si elles vendent exactement la même chose. Et la deuxième armoire d'un même bâtiment coûte une fraction de la première, parce que le déplacement est déjà payé. La densité vaut mieux que le nombre.
Le frais impose une fréquence que le surgelé n'impose pas : une date de péremption en jours oblige à passer souvent, une date en mois laisse respirer un emplacement irrégulier. Le frais vend davantage par article, le surgelé pardonne les semaines creuses. Le bon arbitrage dépend de la distance de votre tournée, pas d'une préférence de produit.
Les invendus : le seul poste qu'on réduit sans toucher aux ventes
Les trois autres leviers — plus de passage, plus de conversion, plus de panier — demandent un meilleur emplacement ou un meilleur assortiment, donc du temps. Les invendus, eux, se réduisent immédiatement, et c'est le poste où une armoire connectée change concrètement quelque chose par rapport à une machine classique.
Une armoire connectée sait, référence par référence, ce qui reste en stock et quelle est la date de chaque article. Vous voyez ce qui approche de sa DLC avant qu'il ne soit perdu, ce qui ne tourne pas dans cet emplacement précis, et ce qui est en rupture au mauvais moment de la journée. Un produit qui ne se vend pas devient alors une décision — le retirer, le déplacer, le démarquer — au lieu de devenir une perte constatée à la tournée suivante.
Ce point mérite d'être posé au moment du calcul, pas après : dans un assortiment frais, l'écart entre un suivi des dates produit par produit et un inventaire fait de mémoire se lit directement dans la marge.
Les signes qu'un emplacement ne sera pas rentable
Un fournisseur qui ne vous décrit jamais le cas où sa machine est le mauvais choix ne vous décrit pas son produit. Voici les configurations où, d'expérience, le calcul ne passe pas — et où il vaut mieux le voir avant l'installation.
- Un effectif réduit dans un bâtiment où tout le monde sort déjeuner : le passage existe, la conversion non.
- Un emplacement isolé, loin de toute autre armoire que vous exploitez : la tournée coûte autant que pour dix armoires groupées.
- Un site où l'accès dépend d'un accueil ou d'un badge aux horaires ouvrés : chaque réapprovisionnement devient une négociation.
- Une armoire posée dans un couloir qu'on ne traverse qu'en partant : on n'achète pas à manger en sortant du bâtiment.
- Un assortiment frais sur un site à fréquentation irrégulière — chantier, saisonnier — sans possibilité de passer souvent.
- Un bâtiment qui a déjà une cantine ou une offre de restauration au rez-de-chaussée, sauf horaires décalés ou équipes de nuit.
Ce qu'il faut mesurer après l'installation
Le calcul d'avant l'installation repose sur des estimations ; celui d'après repose sur des données. Les premières semaines d'exploitation valent plus que n'importe quelle projection, à condition de regarder les bons indicateurs plutôt que le seul chiffre d'affaires.
- La rotation par référence : ce qui part vite, ce qui ne part pas du tout. Un assortiment se corrige par retraits, pas seulement par ajouts.
- Les ruptures : un produit vide à onze heures ne fait pas une vente en moins, il en fait plusieurs.
- Les invendus rapportés à la marge, et non au nombre d'articles : trois pertes sur un produit à forte marge ne pèsent pas comme trois pertes sur un snack.
- Le panier moyen et son évolution quand l'assortiment change : c'est la mesure directe de l'effet d'une décision.
- Les heures de pointe, qui déterminent l'heure utile de la tournée bien plus que le jour de la semaine.
Un emplacement se juge sur plusieurs semaines, pas sur une. Une première semaine forte n'est souvent qu'un effet de nouveauté, et une première semaine faible peut simplement signifier que les gens n'ont pas encore vu l'armoire.